Avant de commander un kit ou d’appeler un fumiste, il faut visualiser le trajet des fumées, du poêle jusqu’au toit. Un schéma de tubage de poêle à bois repose sur une logique unique, quelle que soit la maison : on part de l’appareil, on traverse les planchers et on sort au-dessus du faîtage. Voici comment lire ce schéma, étape par étape, puis comment choisir le bon type de tubage et son prix.
Le schéma de tubage en un coup d’œil
Le principe se résume à un chemin vertical, étanche et le plus droit possible. Dans la pièce, le départ se fait en simple paroi inox. Dès qu’on traverse une structure combustible (plafond, plancher, charpente), on passe en double paroi isolé. Voici la séquence, de bas en haut :
- La buse du poêle, qui fixe le diamètre de toute l’installation.
- Le conduit de raccordement, en simple paroi inox, avec un coude de 45° ou 90° si besoin.
- La plaque de finition et le fourreau de traversée de plafond, avec l’écart au feu réglementaire.
- Le conduit de fumée isolé, vertical, jusqu’à la toiture (tubage d’un conduit existant ou conduit double paroi neuf).
- La sortie de toit : un chapeau, dépassant le faîtage d’au moins 40 cm.
À côté de ce trajet, un second circuit alimente le foyer : l’arrivée d’air comburant, qui vient de l’extérieur ou d’un vide sanitaire. Ces deux circuits sont distincts, et un schéma lisible doit toujours montrer les deux.
Les 3 composants essentiels d’un schéma de tubage
Le conduit de raccordement : liaison entre poêle et conduit
C’est la partie visible, celle qui relie la buse du poêle au conduit de fumée. Il est le plus souvent en inox simple paroi, parfois en acier émaillé pour un rendu plus décoratif. Comme il chauffe beaucoup, il doit rester accessible sur toute sa longueur pour être ramoné et contrôlé.
On limite les coudes : pas plus de deux dévoiements, chacun à 45° maximum. Au-delà, le tirage s’affaiblit et le bistre s’accumule dans les angles. Le montage se fait du bas vers le haut, emboîtement mâle vers le bas, pour que les condensats et le bistre retombent vers le foyer sans couler sur les joints.
Le conduit de fumée (tubage) : cœur de l’évacuation
Le conduit de fumée évacue les gaz de combustion jusqu’à la sortie de toit. Le tubage consiste à glisser un conduit neuf (gaine inox, chemisage) à l’intérieur d’un conduit maçonné existant. Il assure l’étanchéité, améliore le tirage et limite les dépôts de bistre dans un conduit souvent trop large ou abîmé.
Pour un bon tirage, on vise une hauteur d’au moins 4 m entre la sortie du poêle et la sortie en toiture, avec un conduit vertical. Plus la hauteur est faible, plus les fumées risquent de refouler dans la pièce.
L’arrivée d’air comburant : le poumon du système
Un poêle consomme beaucoup d’air. Sans arrivée d’air comburant dédiée, il le prend dans la pièce, ce qui crée une dépression et gêne le tirage, surtout dans une maison bien isolée. Le plus courant consiste à raccorder directement une prise d’air extérieure à l’appareil, souvent par un tuyau de 100 mm environ, mais la notice du fabricant fait foi.
Quel type de tubage choisir selon votre configuration ?

Le choix dépend d’abord de ce que vous avez déjà : un conduit maçonné en bon état, une cheminée désaffectée ou rien du tout. Le tableau ci-dessous compare les trois options les plus courantes.
| Type | Cas d’usage | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|
| Tubage flexible | Conduit existant, même avec des déviations | Souple à poser, adapté aux conduits irréguliers | Ramonage plus délicat, surface interne ondulée |
| Tubage rigide simple paroi | Conduit maçonné droit et accessible | Paroi lisse, bon tirage, ramonage aisé | Impossible dans un conduit tortueux |
| Double paroi isolé | Création d’un nouveau conduit, extérieur ou intérieur | Isolation intégrée, faibles écarts au feu | Coût plus élevé, fixations à prévoir |
Tubage flexible : la solution pour conduits existants
Le tubage flexible en gaine inox convient quand le conduit maçonné n’est pas parfaitement droit. On le descend depuis le toit, on le raccorde en bas, puis on comble parfois l’espace autour avec un isolant adapté. Pour le bois, on choisit de l’inox 316L, plus résistant aux condensats acides que les nuances d’entrée de gamme.
Tubage rigide simple paroi : pour conduits maçonnés droits
Le tubage rigide s’assemble par tronçons dans un conduit rectiligne. Sa paroi lisse limite l’encrassement et facilite le passage du hérisson lors du ramonage. Il demande un conduit suffisamment large et accessible, ce qui exclut souvent les vieux conduits déformés.
Conduit double paroi isolé : création d’un nouveau conduit
Sans conduit existant, le double paroi isolé est la solution standard. Il peut monter dans la maison, à travers les étages, ou longer la façade à l’extérieur. L’isolant entre les deux parois garde les fumées chaudes, ce qui évite la condensation et réduit fortement les distances de sécurité par rapport à un conduit simple paroi.
Simple paroi : jamais à travers un plafond
Le simple paroi reste cantonné à la pièce où se trouve le poêle. Dès qu’il atteint un plafond, un plancher ou un comble, on bascule en double paroi isolé. Cette règle est l’une des erreurs les plus fréquentes sur les installations faites sans professionnel.
Diamètres de tubage : dimensionner correctement votre installation
Le diamètre se déduit de la buse du poêle. Pour un appareil domestique récent, le diamètre 150 mm est le plus répandu, avec des variantes de 125 à 180 mm selon la puissance et le fabricant. Le conduit ne doit jamais être plus étroit que la buse, au risque de brider l’évacuation.
À l’inverse, un conduit trop large refroidit les fumées, favorise la condensation et encrasse plus vite. C’est précisément ce que corrige le tubage dans un vieux conduit de cheminée surdimensionné. La notice du poêle indique le diamètre minimal et la hauteur de conduit conseillée, des informations à croiser avec l’avis d’un fumiste.
Normes de sécurité DTU 24.1 : distances et écarts au feu
Le DTU 24.1 encadre les travaux de fumisterie : conduits de fumée, raccordements et traversées. Il impose des distances de sécurité entre les parties chaudes et les matériaux combustibles (bois, isolants, cloisons). Le maintien d’un écart au feu de 8 cm à la traversée d’un plafond est une valeur souvent citée, à confirmer selon le conduit et sa certification.
En toiture, la sortie de toit doit dépasser le faîtage d’au moins 40 cm, et se situer assez haut au-dessus de tout obstacle proche. Cette hauteur protège le tirage contre les rabattements de vent. Ces valeurs varient selon les modèles : respectez toujours l’avis technique de votre conduit et le règlement de votre assurance.
Points de vigilance avant et après l’installation

Avant les travaux, faites inspecter le conduit existant : fissures, étanchéité, ancien tubage, présence de bistre. Vérifiez aussi la compatibilité entre la buse, le conduit de raccordement et le tubage, ainsi que le tracé de l’arrivée d’air. Un schéma coté, avec les hauteurs et les distances de sécurité, évite les mauvaises surprises le jour de la pose.
Après la pose, la première flambée se fait en douceur, avec un petit feu, pour laisser sécher les produits et monter les matériaux en température progressivement. Prévoyez ensuite le ramonage mécanique par un professionnel, généralement deux fois par an dont une pendant la période de chauffe, et conservez le certificat pour l’assurance.
Enfin, vérifiez régulièrement les joints, les colliers de fixation et l’état du chapeau. Une odeur de fumée, un tirage inhabituel ou des traces noires autour du conduit signalent un défaut à traiter avant la prochaine flambée.





