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Comment poser du parquet flottant sur du carrelage : préparation et pose pas à pas

Ouvrier agenouille place des lames de bois clair

Refaire un sol sans casser l’ancien carrelage fait gagner du temps, de la poussière et pas mal d’argent. Le parquet flottant se prête bien à ce genre de rénovation, puisqu’il n’est ni collé ni cloué au support. Voici comment poser du parquet flottant sur du carrelage, de la vérification du support jusqu’aux plinthes.

Peut-on poser du parquet flottant sur du carrelage ?

Oui, c’est généralement possible sans déposer l’ancien revêtement, à condition que le carrelage soit stable, propre, sec et suffisamment plan, comme le détaille notre guide sur la pose d’un parquet sur carrelage. Tout le résultat repose sur la préparation du support, bien plus que sur la pose elle-même. Un carrelage mal préparé finit par faire grincer ou fléchir les lames, voire par ouvrir les assemblages.

Contrôler la stabilité et la planéité

Commencez par tapoter chaque carreau. Un carreau qui bouge, sonne creux ou présente une fissure doit être refixé ou remplacé, sinon il finira par se ressentir sous le parquet flottant. Les joints de carrelage très creusés sont à reboucher avec un enduit de réparation, pour éviter que la sous-couche ne s’affaisse dedans.

Pour la planéité, posez une règle de 2 mètres à plusieurs endroits du sol, dans différentes directions, puis glissez une cale dessous pour mesurer l’écart. Les repères du NF DTU 51.11 tolèrent au maximum 5 mm sous une règle de 2 m et 1 mm sous une réglette de 20 cm. Au-delà, le parquet travaillera mal et les clips des lames clipsables finiront par casser.

5 mm sous la règle de 2 m : la tolérance à ne pas dépasser

Marquez au crayon chaque zone où l’écart dépasse la limite. Un creux isolé se comble avec un enduit de réparation. Si le dénivelé touche une grande partie de la pièce, passez directement à un ragréage autolissant sur tout le carrelage plutôt que de multiplier les rustines.

Vérifier l’humidité du support

Le support doit être sec. Le DTU fixe des seuils pour les supports minéraux : 3 % maximum pour un support ciment et 0,5 % pour une chape à base de sulfate de calcium. Sur un ancien carrelage au rez-de-chaussée, sur dalle ou sur vide sanitaire, un doute sur les remontées d’humidité impose de poser un pare-vapeur et, si le problème persiste, de faire mesurer le taux d’humidité avant d’acheter les lames.

Préparer le carrelage et choisir la sous-couche

Une fois les défauts corrigés, nettoyez le sol à fond : dégraissage, aspiration, rinçage si nécessaire. Toute trace de graisse, de cire ou de poussière gêne l’adhérence d’un ragréage éventuel et laisse des aspérités sous la sous-couche. Laissez ensuite sécher complètement avant de poursuivre.

Le ragréage autolissant devient la meilleure option quand le carrelage est trop irrégulier ou très abîmé. Il demande d’appliquer d’abord un primaire d’accrochage, puis de couler le produit et de respecter son temps de séchage, souvent de 24 à 48 heures selon l’épaisseur. C’est une étape supplémentaire, mais elle offre un support parfaitement plan pour la pose en flottant.

La sous-couche se déroule ensuite sur toute la surface. Elle compense les petites imperfections, atténue les bruits d’impact et participe à l’isolation. Pour un appartement, choisissez une sous-couche acoustique, dont la performance est indiquée en décibels sur l’emballage. Si elle ne comporte pas de film intégré, ajoutez un pare-vapeur en polyéthylène, avec des recouvrements d’environ 20 cm adhésivés et un film qui remonte légèrement contre les murs.

Matériel nécessaire pour la pose

Cales blanches et marteau sur lames de parquet

La pose du parquet flottant ne demande pas d’outillage lourd. Rassemblez tout avant de commencer pour ne pas interrompre le chantier au milieu d’un rang :

  • des cales d’espacement pour le joint périphérique ;
  • une scie (circulaire, à onglet ou scie sauteuse) et un cutter pour la sous-couche ;
  • un niveau à bulle, un mètre et un crayon ;
  • un marteau, une cale de frappe et un tire-lames ;
  • une règle de 2 mètres pour le contrôle du support.

Prévoyez aussi environ 5 à 10 % de lames en plus pour les chutes et les découpes, davantage si la pièce est tout en angles.

Pose pas à pas des lames flottantes

Avant de commencer, laissez les paquets de lames reposer 48 heures dans la pièce pour qu’ils s’acclimatent. Posez ensuite le parquet dans le sens de la lumière, ou dans la longueur de la pièce, ce qui donne un rendu plus harmonieux.

Pour le premier rang, placez la première lame avec la languette côté mur, ou coupez-la si le système l’exige, et insérez les cales d’espacement entre les lames et la cloison. Assemblez les lames de ce rang bout à bout par rainure et languette, en les clipsant à plat ou en les inclinant selon le système. Vérifiez l’alignement dès le départ : une erreur sur ce premier rang se reporte sur toute la pièce.

Pour les rangs suivants, décalez les joints de bout d’au moins 30 cm d’un rang à l’autre. Inclinez la lame dans la rainure du rang précédent, abaissez-la pour clipser, puis ajustez avec la cale de frappe sans jamais cogner directement sur les languettes. Le dernier rang se découpe dans la largeur, en gardant la place du joint de dilatation côté mur.

Pour les découpes autour des tuyaux, percez un trou de 16 à 20 mm environ de plus que le diamètre du tuyau, sciez la lame en deux avec une scie sauteuse, puis recollez la chute après la pose. Au niveau des huisseries, détalonnez le bas du chambranle avec une scie à main plutôt que de couper le parquet en biais : la lame glisse dessous et le joint reste invisible.

Joints de dilatation, plinthes et seuils

Le bois gonfle et se rétracte avec l’humidité ambiante. Le joint de dilatation périphérique, de l’ordre de 8 à 10 mm, laisse au parquet flottant la place de travailler contre les murs, les tuyaux et les seuils. Une dilatation insuffisante provoque des soulèvements et des lames qui se décrochent, surtout dans les grandes pièces.

Anticiper la hauteur de sol

La sous-couche ajoute 2 à 3 mm, la lame entre 8 et 14 mm : comptez donc 1 à 1,5 cm environ de hauteur de sol supplémentaire. Ce surplus a trois conséquences : les portes risquent de frotter et sont parfois à raboter, le seuil de porte doit assurer un raccord propre avec la pièce voisine, et les anciennes plinthes sont à déposer ou à remplacer pour masquer le joint.

Posez les plinthes en les fixant au mur, jamais sur le parquet, afin qu’il garde sa liberté de mouvement. Pour le passage entre deux pièces ou entre deux revêtements, utilisez un profil de seuil avec une pièce de dilatation. Un entretien courant, à la serpillière bien essorée, suffit ensuite, sans eau stagnante, pour préserver les assemblages.

Chauffage au sol : vérifier la résistance thermique avant d’acheter

Sur un carrelage chauffant, le parquet flottant n’est autorisé que si le fabricant le prévoit. La résistance thermique totale du parquet et de la sous-couche ne doit généralement pas dépasser 0,15 m².K/W : choisissez une sous-couche compatible avec le chauffage au sol et montez la température par paliers, après la pose comme à chaque reprise de saison.

Les erreurs à éviter

Ouvrier controle un carrelage avec une regle metallique

Trois fautes reviennent presque toujours : un support qui n’est pas plan, une sous-couche oubliée ou mal raccordée, et un joint de dilatation trop étroit. Elles se corrigent facilement avant la pose, mais coûtent cher après. Prenez le temps de contrôler le carrelage avec la règle de 2 mètres, de rattraper chaque dénivelé et de poser les cales d’espacement sur toute la périphérie. Un sol posé dans ces conditions reste silencieux, stable et durable.

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Article publié par la rédaction de Salon Maison Bois.

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